La chimie - 1974

Camille Hilaire · Tapisserie · Dimensions : 3,15 × 1,80 m · ENSIACET

Contexte

Le cas de cette œuvre porte en lui une des problématiques inhérente au 1%. Dans l’introduction à cet inventaire nous avons noté les difficultés de recherche liées à l’absence de documents. Le dossier prêté par Madame Hilaire révèle que La chimie est une tapisserie datant de 1974 de 5,64 m2 de surface et a été commandée pour le grand mur de l’escalier principal de l’école nationale supérieure de chimie. Les documents précisent en outre que conjointement, toujours dans le cadre du 1%, une autre tapisserie, du même artiste, nommée Astronomie est prévue, elle, pour la salle des thèses.

La chimie, tapisserie qui nous préoccupe dans ce texte, est un projet qui se dessine dès 1967. Au départ, prévue pour être accrochée dans le bureau du Doyen, le devis de l’époque évoque le prix de 75.600 francs. En 1970 un second devis précise le lieu de l’Ecole de chimie mais le prix passe à 22.600 francs. L’arrêté du 24 juillet 1973 signé par Bernard Anthonioz, Inspecteur général, chef du service de la création artistique, clos le dossier et définit la somme de 22.310 francs pour une tapisserie de basse lisse tissée à Aubusson dont les dimensions sont de 3,15 m x 1,80 m5. La pièce commandée doit trouver sa place dans le grand escalier de l’ENSC.

Madame Hilaire, qui gère l’œuvre de son époux disparu, nous a fait parvenir une photographie de La chimie prise chez Camille Hilaire. L’oeuvre accrochée aujourd’hui dans l’escalier de l’ENSIACET anciennement ENSC, ne correspond en rien à la photographie confiée et pourtant annotée par l’artiste comme étant la chimie.

Description

Si les deux formats semblent correspondre, la tapisserie accrochée à l’ENSIACET se définit par la douceur de ses tonalités. Empruntant une composition nettement verticale, le peintre dans une densité du dessin décline des roses légèrement éteint mais rehaussés par des bleus et des orangés lumineux qui semblent, comme pour un vitrail, faire jaillir des points de force tirant le motif dans un mouvement dynamique. Autre comparaison avec la technique du verre coloré, les deux parties latérales présentent tout un jeu de cloisonnement sombres évoquant des ailes de papillons qui enserrent la colonne centrale l’accompagnant dans cette ascendance.

Si, nous l’avons dit les formats sont identiques, la tapisserie archivée se révèle elle dans une violence de la couleur et de l’architecture du motif. Adoptant aussi une composition verticale, Camille Hilaire joue dans des gammes de rouges, de roses et d’oranges cernées violemment par des aplats noirs. Les formes colorées explosent dans des rayonnements aigus qui donnent à l’ensemble une vigueur presque destructrice. Si l’œuvre de l’ENSIACET s’exprime dans l’amabilité, cette tapisserie similaire par le travail de la première, parle un langage plus âpre.
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