La très grande éclosion - 2024

Laëtitia Bourget · Peinture acrylique · 460 × 1300 cm env. · Université de Toulouse - site INRAE d’Auzeville, Castanet

Contexte

Cette œuvre a été créée en 2024 dans le cadre de la construction du Pôle Agrobiosciences – B (PABS - B).
Ce nouveau bâtiment de recherche scientifique réunit les locaux de recherche de la Fédération de Recherche Agrobiosciences, Interactions et Biodiversité (FRAIB) situé sur le campus Agrobiopole du site INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) d’Auzeville-Castanet en banlieue toulousaine.

La maîtrise d’œuvre a été confiée au cabinet Celnikier & Grabli Architectes de Paris.
Suivant la procédure du 1% artistique, à l’issue du comité artistique de mars 2023, 4 candidats ont été retenus pour proposer un projet. Le comité artistique réuni en septembre 2023 a choisi le projet de Laëtitia Bourget après audition des 4 candidats.

Laëtitia Bourget a choisi comme implantation de son projet artistique le mur blanc concave de la cage d’escalier (environ 4,6m de haut sur 13 m de long) qui mène du hall d’entrée du bâtiment à l’étage des laboratoires.
Pour ce projet, Laëtitia Bourget est accompagnée de Marc Vernier, designer graphique.

Description

"La très grande éclosion" est une peinture murale de 4,60 x 13 m inspirée d’un dessin d’environ 1,5 x 1,5 m, réalisé en utilisant des encres extraites de différentes plantes (baies de troène, cassis, cerises noires, fleurs de reine des près, d’achillée millefeuille, de millepertuis, de laiteron, de lothier, de solidago, de coquelicot, peau d’oignon jaune, écorce de chêne, et d’eucalyptus), avec des plumes d’oies comme outil. Laëtitia Bourget y déploie le spectre chromatique issu des plantes, en traçant des rayons colorés, interconnectant chaque point du dessin par triangulation. Ainsi les tonalités initiales (dominantes de jaune, rouge, bleu) s’enrichissent d’une palette de nuances intermédiaires par interpénétration des pigments.

En jouant au fil du tracé qu’elle a tissé spontanément, sur des contractions et dilatations du motif, elle a développé une vibration mêlant structure organisée et aléas, par migration des pigments, aux infinies nuances.
Le résultat offre une finesse de trame dont les variations subtiles et le jeu avec les vides, laissant apparaître le fond comme du silence, incite le regard à embrasser le motif à la fois dans sa globalité, et dans le détail, pour y discerner ce qui relève d’une complexité, à l’intérieur de son évidence première.
Cette "grande éclosion" traduit une forme de déploiement du vivant, où la symbiose opère tout en préservant la singularité : une multitude de variations à partir d’un geste unique, simple, qui produit un rapport de tension en créant à la fois une distance et une rencontre. C’est une œuvre où il est question également de transformation, d’épanouissement, et d'émerveillement.

"La très grande éclosion" est une transposition de ce geste, de sa palette colorée, et de ses nuances intermédiaires, peinte à l’acrylique sur le grand mur concave de l’escalier qui mène du hall à l’étage des laboratoires, dans le bâtiment de recherche PABS-B . Elle est conçue selon une partition écrite in situ, de manière à épouser la morphologie du mur. Cette partition précisait les zones de contraction et de dilatation de la trame, ainsi que les zones de densité des couleurs principales. Elle a été interprétée en équipe, avec la participation de Marc Vernier et de Philippe Poupet, selon un ballet d’alternance de positions des un•es et des autres pour permettre une sensation d’homogénéité du geste pictural.
 
 

Biographie

Laëtitia Bourget est née en 1976. Elle vit à Néons Sur Creuse et travaille à l’interface au Blanc (36).
Depuis de nombreuses années, Laëtitia Bourget a développé une multitude de pratiques à partir des ressources offertes de manière cyclique par le vivant, dans une relation intime et quotidienne avec son environnement et elle-même, indissociable de son propre vécu et de son cadre de vie.

Artiste-cueilleuse, c’est essentiellement dans son immédiate proximité qu’elle glane les matières premières à partir desquelles elle crée.
Elle se laisse enseigner par cette matière vivante, par la chimie, les phénomènes physiques, qui se manifestent à travers ses pratiques, et cultive ainsi un émerveillement sans cesse renouvelé.




 
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