Le fil d’Ariane - 1973
Henri Guérin, Pierre Lèbe, Philolaos Tloupas · Parcours sculptural · Université de Toulouse
Contexte
C’est en 1973 que les architectes Yannick Boudard, E.F Chabanne et René Egger proposent, pour le 1% artistique prévu sur le site de l’Université, un vaste projet d’aménagement des espaces transitoires. Henri Guérin et Pierre Lèbe, contactés par Yannick Boudard sur la recommandation d’un ami commun, proposent à Philolaos de s’associer au projet.
En effet ce « sculpteur des architectes » a une pratique consommée des vastes espaces et est à même d’organiser le chantier de ce 1%, considéré, à l’époque, comme un des 1% le plus ambitieux par sa surface. En 1972 les trois artistes définissent leur projet en ces termes : « Offrir à chaque étudiant la double liberté d’isolement ou de contact, dans un cadre naturel de silence et d’accueil ». Après présentation du projet et de la maquette devant la Commission nationale de sélection des œuvres, l’arrêté du 24 juillet 1973 entérine ce choix.
En effet ce « sculpteur des architectes » a une pratique consommée des vastes espaces et est à même d’organiser le chantier de ce 1%, considéré, à l’époque, comme un des 1% le plus ambitieux par sa surface. En 1972 les trois artistes définissent leur projet en ces termes : « Offrir à chaque étudiant la double liberté d’isolement ou de contact, dans un cadre naturel de silence et d’accueil ». Après présentation du projet et de la maquette devant la Commission nationale de sélection des œuvres, l’arrêté du 24 juillet 1973 entérine ce choix.
Description
Philolaos crée un cheminement piétonnier reliant le Restaurant universitaire au secteur d’habitations. Ce Fil d’Ariane est pensé non seulement comme un parcours clairement identifié entre deux espaces de vie, mais aussi comme l’occasion d’aires de rencontres et de repos. Henri Guérin s’intègre dans le parcours en imaginant le Kiosque-corolle, Pierre Lèbe, quant à lui, installe une fontaine monumentale située au carrefour du chemin piétonnier et d’une route.Le projet de Philolaos s’articule autour de plusieurs axes :
- Quatre parcours d’une longueur totale de 350 m sur une largeur variant de 2,50 m à 3 m, pour une épaisseur de 0,10 cm.
- Un amphithéâtre d’une hauteur de 3,50 m
- Une ziggourat de formes triangulaire de 4 m. de hauteur et dont la base a 14 m de coté, l’ensemble cerné par un chemin dont la largeur fluctue entre 1m. et 3 m.
- Et enfin neuf sculptures entre 1m. et 1,80m. de hauteur, ponctuant les points importants des différents cheminements.
A mi-parcours s’élève à 4 m de haut pour une envergure de treize mètres une vaste structure métallique recouverte d’aluminium anodisé appelée kiosque corolle. Portées par trois piliers centraux, partent des nervures qui vont en s’évasant, et qui comportent au centre un évidement où est installé un travail en dalles de verre dans des dégradés de bleus. Ce travail de vitrail se retrouve sur les décrochés de la grande forme déployée, permettant à la lumière d’aérer la forme massive.
La fontaine de Pierre Lèbe est aujourd’hui difficilement visible dans la mesure où elle est érigée au milieu d’un rond-point ne permettant pas de s’attarder. De plus, des bambous plantés en son centre masquent les éléments prévus par le sculpteur. Néanmoins sous les plantations on peut apercevoir des blocs ovoïdes massifs en béton moulé sculpté et strié, le travail de rigoles et le bassin de vingt mètres de diamètre initialement installés.
Vingt ans plus tard, en 1993, l’université décide de construire la Maison des personnels ou Upsidum sur le terrain partiellement occupé par l’œuvre de Philolaos et stratégiquement intéressant puisque situé près de l’entrée du bâtiment administratif. Selon la loi du 11 mars 1957 qui précise le droit de l’artiste à la propriété intellectuelle, Philolaos est averti du changement. L’artiste répond favorablement à la demande qui consiste à rompre quelque peu le Fil d’Ariane. Une seule des petites sculptures est séparée de l’ensemble par le grand bâtiment abritant la cafétéria, mais le parcours imaginé par Philolaos en 1973, reste en 2006, fidèle à ce qu’a voulu l’artiste.
Tout savoir sur le Fil d'Ariane
Biographie
Henri Guérin
Né en 1929, découvre la poésie lors d’un séjour de convalescence à Font-Romeu. Un recueil est publié, La corbeille à papiers, en 1955. Autodidacte, il se tourne vers le dessin avec les Tissus collés. C’est en 1954, à l’Abbaye bénédictine d’En-calcat, à travers sa rencontre avec Dom Ephrem Soccard, qu’est initié Henri Guérin à l’art et à la technique du vitrail en dalle de verre. Installé à Plaisance du Touch, en Haute-Garonne,
L’artiste arpente les chemins de la création à travers le vitrail, s’exprimant aussi à travers la tapisserie, la peinture, les lavis ou la mosaïque murale. Son oeuvre multiple intervient sur des bâtiments religieux ou laïques, publics ou privés, montrant le vitrail dans un travail de sculpture de la lumière.
Pierre Lèbe
Né à Tonneins dans le Lot et Garonne en 1929, Pierre Lèbe fait ses études, à l’école nationale supérieure des métiers d’art, puis à l’Ecole nationale supérieure des arts-décoratifs à Paris entre 1949 et 1953. Il ne se limite pas à la sculpture mais étend sa pratique à la céramique et la tapisserie. De nombreuses expositions, salons ou biennales jalonnent le parcours de l’artiste dans ses différentes pratiques, lui permettant d’aborder le domaine de l’esthétique industrielle ou la création de pièces uniques en tapisserie ou céramique.
Son parcours l’amène à de nombreuses, collaborations avec des architectes et d’autres artistes, permettant un travail in-situ.
Philolaos Tloupas dit Philolaos
Né à Larissa en Grèce en 1923. Il étudie d’abord à l’Ecole des beaux- arts d’Athènes puis celle de Paris, dans l’atelier du sculpteur Marcel Gimond. En 1963, il imagine à l’initiative de l’architecte André Gomis, une sculpture-architecture, un château d’eau fait de deux tours jointes en béton qui s’élancent vers le ciel.
Son parcours l’amène vers de nouveaux matériaux comme la terre cuite, le marbre, le bois ou le béton lavé. Travaillant l’acier inoxydable, il conçoit des sculptures qui s’inscrivent dans une monumentalité urbaine comme à la Défense en 1972, avec Les nymphéas, sculpture- fleur s’épanouissant dans une des fontaines ou L’oiseau mécanique implantée sur le même site.
Né en 1929, découvre la poésie lors d’un séjour de convalescence à Font-Romeu. Un recueil est publié, La corbeille à papiers, en 1955. Autodidacte, il se tourne vers le dessin avec les Tissus collés. C’est en 1954, à l’Abbaye bénédictine d’En-calcat, à travers sa rencontre avec Dom Ephrem Soccard, qu’est initié Henri Guérin à l’art et à la technique du vitrail en dalle de verre. Installé à Plaisance du Touch, en Haute-Garonne,
L’artiste arpente les chemins de la création à travers le vitrail, s’exprimant aussi à travers la tapisserie, la peinture, les lavis ou la mosaïque murale. Son oeuvre multiple intervient sur des bâtiments religieux ou laïques, publics ou privés, montrant le vitrail dans un travail de sculpture de la lumière.
Pierre Lèbe
Né à Tonneins dans le Lot et Garonne en 1929, Pierre Lèbe fait ses études, à l’école nationale supérieure des métiers d’art, puis à l’Ecole nationale supérieure des arts-décoratifs à Paris entre 1949 et 1953. Il ne se limite pas à la sculpture mais étend sa pratique à la céramique et la tapisserie. De nombreuses expositions, salons ou biennales jalonnent le parcours de l’artiste dans ses différentes pratiques, lui permettant d’aborder le domaine de l’esthétique industrielle ou la création de pièces uniques en tapisserie ou céramique.
Son parcours l’amène à de nombreuses, collaborations avec des architectes et d’autres artistes, permettant un travail in-situ.
Philolaos Tloupas dit Philolaos
Né à Larissa en Grèce en 1923. Il étudie d’abord à l’Ecole des beaux- arts d’Athènes puis celle de Paris, dans l’atelier du sculpteur Marcel Gimond. En 1963, il imagine à l’initiative de l’architecte André Gomis, une sculpture-architecture, un château d’eau fait de deux tours jointes en béton qui s’élancent vers le ciel.
Son parcours l’amène vers de nouveaux matériaux comme la terre cuite, le marbre, le bois ou le béton lavé. Travaillant l’acier inoxydable, il conçoit des sculptures qui s’inscrivent dans une monumentalité urbaine comme à la Défense en 1972, avec Les nymphéas, sculpture- fleur s’épanouissant dans une des fontaines ou L’oiseau mécanique implantée sur le même site.