Dans cette page

Cartographie et datation des hautes terrasses du bassin de l’Ebre

Le bassin de l’Ebre constitue le centre du piémont sud-pyrénéen. Il a une histoire singulière puisqu'il s'est complètement rempli de sédiments au cours du Cénozoique (période allant de 66 millions d’années à l’actuel) car aucune rivière n'en sortait, ceci étant caractéristique d’une région endoréique. Il s'est ensuite vidangé, depuis une dizaine de millions d'années, lorsque l'Ebre s'est connecté à la Méditerranée. L'histoire récente, quelques 100 000 ans, est assez bien connue par les terrasses qu'ont laissé les rivières à l'intérieur du bassin. Des scientifiques du laboratoire Géosciences environnement Toulouse (GET/OMP – CNRS/IRD/CNES/UT3 Paul Sabatier) ont étudié les terrasses les plus anciennes et établis une cartographie.

Cette étude, parue dans le Bulletin de la Société Géologique de France, a été permise grâce à l'émergence depuis une dizaine d'années de méthodes basées sur les isotopes cosmogéniques, permettant de dater des dépôts de terrasse entre 500,000 et 5 millions d’années, période pour laquelle il existe peu de méthodes fiables de datation des terrasses. Grâce à une compilation des données sur les terrasses anciennes sur cette vaste zone (1/6 de la surface de l'Espagne) complétées avec de nouvelles datations, les chercheurs proposent une cartographie harmonisée avec l'identification de 5 niveaux anciens labellisés A à E dont les âges s'échelonnent entre ~3 millions d’années et 400,000 ans. Les plus anciens niveaux (A, B et C) indiquent des rivières assez mobiles qui ont mis en place de larges terrasses alors que les plus récentes (D, E) sont parallèles aux cours actuel des rivières, prouvant que le cours des rivières a peu changé depuis. Cette transition entre des rivières divagantes et des rivières stables est probablement d'origine climatique car elle a lieu au moment de la transition climatique du milieu du Pléistocène (mi-Quaternaire) entre 1,3 et 0,7 millions d’années, qui marque l'entrée dans les cycles glaciaires que nous connaissons aujourd'hui.


Référence :
Vincent Regard, Arnaud Vacherat, Stéphane Bonnet, Frédéric Mouthereau, Jesper Nørgaard, et Mads F. Knudsen. Late Pliocene-Pleistocene incision in the Ebro Basin (North Spain). Bulletin de la Société Géologique de France, Société géologique de France
https://doi.org/10.1051/bsgf/2021020

À lire aussi

  • La vie terrestre représente seulement une infime fraction des formes biologiques possibles

    Quelles formes prend le vivant sur Terre ? C’est la question que se sont posée des scientifiques toulousains de l’Université de Toulouse et du CNRS, qui explorent pour la première fois les limites morphologiques de la vie à grande échelle. Grâce à un nouveau cadre mathématique, ils démontrent que la vie tend plutôt à produire des formes peu complexes et à évoluer sur le très long terme selon une trajectoire dictée par des contraintes physiques, métaboliques et développementales. Leurs résultats, publiés dans Science Advances le 7 janvier, pourraient offrir de nouvelles perspectives pour la recherche de vie potentielle dans l’univers.

  • INTERREG POCTEFA : projet PYRENAF

    Fermes et communes agroforestières des Pyrénées

    PYRENAF répond à la priorité européenne de protection et consolidation des valeurs écologiques du territoire transfrontalier en favorisant la transition vers une économie circulaire et efficace dans l’utilisation des ressources.

  • INTERREG POCTEFA : projet SOLPYR II

    Sols des Pyrénées: un patrimoine à préserver par une gestion résponsable

    SOLPYR II répond à la priorité européenne de protection et consolidation des valeurs écologiques du territoire transfrontalier en favorisant l’adaptation au changement climatique, la prévention des risques de catastrophe et la résilience et en tenant compte des approches fondées sur les écosystèmes.

Haut de page