Mentorat : un allié pour la carrière des femmes ! Episode 1.
Dans le cadre du mois de l’égalité, la Mission Égalité femmes-hommes lutte contre les discriminations met à l’honneur le programme de mentorat Femmes & Sciences – CBI PhD programme. De plus en plus de jeunes doctorantes font appel au mentorat pour rencontrer d’autres femmes scientifiques, prendre confiance en elles et bénéficier d’un soutien privilégié. En intégrant un programme de ce type, elles ont l’occasion de rencontrer des mentores qui s’engagent à aider d’autres femmes, notamment pour les aider à progresser dans leur carrière. Pendant les trois prochaines semaines, découvrez les portraits croisés de mentores et de mentorées. Ensemble, elles reviendront sur leur ressenti et leur expérience au sein du programme.
Zoom sur Julie Guillermet-Guibert et Adeline Payet, binôme de la promotion 2017 – 2018. Julie Guillermet-Guibert, directrice de recherche Inserm, a été pendant un an la mentore d’Adeline Payet, alors en doctorat à l’université Toulouse III – Paul Sabatier.
-
Pouvez-vous nous dire qui vous êtes et présenter votre parcours universitaire et professionnel ?
Julie Guillermet-Guibert : Je suis maintenant directrice de recherche Inserm. Je travaille dans un centre de recherche qui s’appelle le Centre de Recherches en Cancérologie de Toulouse (CRCT), qui a trois affiliations : l’Inserm, le CNRS et l’université Toulouse III - Paul Sabatier. Je suis dans la science depuis mon bac et j’ai effectué mon premier stage de recherche au début des années 2000. J’ai fait toute ma carrière dans la recherche académique avec un parcours master 2 recherche, une thèse et un post-doctorat à l’étranger. Puis j’ai été recrutée en tant que chercheuse statutaire à l’Inserm il y a plus de 10 ans, et ai été promue, très récemment, directrice de recherche. J’ai décidé, il y a de un peu plus de 5 ans, de monter une équipe qui vient d’être labellisée par l’Inserm et le CNRS. C’était un projet professionnel important pour moi.Je pense en effet avoir développé une expertise particulière peu présente en France, ce qui a motivé ma volonté de créer une équipe pour travailler sur ce sujet. Nous nous intéressons aux enzymes PI 3-kinases et recherchons comment elles orchestrent le développement du cancer et sa progression. J’applique cette recherche à un cancer qui a un très mauvais pronostic, le cancer du pancréas.
-
Comment avez-vous eu connaissance du programme de mentorat de Femmes & Sciences ?
A.P : Moi, j’ai rencontré Julie Batut quand j’ai fait mon premier stage en laboratoire, en 3ème année de licence. Ensuite, j’ai fait mes différents stages dans le même labo, en côtoyant Julie quotidiennement. Lorsque j’ai débuté ma thèse, elle m’a proposé ce programme de mentorat et m’a mise en contact avec Julie Guillermet.
-
Quelles raisons vous ont amenées à intégrer le programme ? Aviez-vous certaines attentes ?
J.GG : Pour moi, c’est l’ouverture. J’encadre des doctorants : je pense que c’est important de garder contact avec leurs préoccupations. Parce qu’on s’imagine que l’on se souvient de leurs problématiques, puisqu’on a aussi fait une thèse, mais ce n’est pas vrai. Nous aussi, on évolue ! Je cherchais également un enrichissement personnel. Je savais que j’allais rencontrer des personnes motivées qui aimaient leur métier et avaient envie de progresser. […]
-
Les binômes mentore / mentorée ne sont pas composés de deux personnes travaillant sur le même sujet ?
-
Avez-vous conseillé ce programme à d'autres doctorantes, étudiantes, collègues ?
J.GG : J'ai conseillé à des personnes de mon centre de se proposer comme mentores et j’ai eu plusieurs retours positifs.
-
Qu’est-ce que vous pensez de la place des femmes aujourd’hui dans les sciences ?
A.P : Il y en a beaucoup qui abandonnent.Quand on regarde en licence ou en master, on est une majorité de filles. Une fois en doctorat, ce n’est plus forcément le cas. Ensuite, après le doctorat, il y a celles qui continuent pour le post- doctorat mais elles sont encore moins nombreuses. Les garçons prennent finalement le pas alors qu’ils étaient minoritaires au départ.
-
Est-ce que l’idée d’intégrer un milieu très masculin vous a questionnées à un moment de votre parcours ?
-
Avez-vous des choses à rajouter sur le programme de mentorat ?
J.GG : C’est essentiel et c’est peut-être quelque chose qui manque aux femmes puisque le mentorat se fait plus spontanément entre hommes. C’est important pour se donner de l’assurance. Quelle que soit la voie choisie, qu’il s’agisse de la recherche académique ou d’une activité dans une start-up comme Adeline, nous avons besoin d’assertivité et de confiance en soi. Le fait de pouvoir discuter entre nous est important.
-
Vous recommanderiez donc ce programme à d’autres étudiantes / doctorantes ?
A.P : Oui, je suis d’accord. C’est vrai qu’il y a des années en thèse où l’on est moins disponible pour toutes les réunions ou ce genre de chose. Pouvoir le faire sur un an ou deux, et non pas sur les trois ou quatre années de thèse, fait partie des avantages.