Dans cette page

ESORICS 2025 : la recherche internationale en cybersécurité s’invite à l’université

Du 22 au 26 septembre, l’Université de Toulouse accueillera le colloque scientifique ESORICS (European symposium on research in computer security), l'un des rendez-vous majeurs de la recherche européenne en cybersécurité. Protection des données personnelles, sécurité de l’intelligence artificielle, lutte contre la désinformation : loin d'être une simple question technique, la cybersécurité constitue aujourd'hui un véritable défi sociétal. Eclairage avec Abdelmalek Benzekri, professeur à l’Université de Toulouse, et Vincent Nicomette, professeur à l’INSA, tous deux organisateurs de l’édition 2025.

Le congrès attire chaque année des chercheurs du monde entier. Quels grands défis ou quelles tendances internationales en matière de cybersécurité seront mis en lumière à Toulouse ?

En effet, la conférence ESORICS jouit d’une réputation solide. Elle draine les chercheurs majoritairement académiques dont les résultats des travaux qui seront présentés sont originaux, des plus solides et des plus prometteurs.


La cybersécurité est souvent perçue comme une question très technique. Quels aspects seront abordés lors d’ESORICS ?

Elle ne devrait pas l’être, au contraire ! Si dans l’inconscient collectif, on pense qu’une solution miracle nous protégerait, on aurait tort. Les cyber-attaquants rivalisent d’ingéniosité pour créer le sentiment de confiance qui pousse autrui à cliquer sur un lien, à ouvrir ou télécharger une photo piégée. 
Le programme de cette année prévoit des avancées dans les outils et techniques de prévention, de détection et de réponse. Ainsi, le programme affiche des sessions portant sur la préservation des données personnelles, la sécurité de l’IA, l’identité numérique en Europe, le chiffrement comme moyen de contrer des attaques sur l’IA, la minimisation des risques, l’amélioration de protocoles de sécurité…

Une douzaine de workshops sont organisés, ciblant des thématiques comme la sécurité des systèmes cyber-physiques, la gestion des données personnelles, la sécurité des mobiles et de l’Internet des objets, l’IA et la sécurité, ou encore la sécurité et la gestion de la confiance.


Plusieurs interventions portent sur la protection de la vie privée et la confidentialité des données. Quels conseils ou quelles bonnes pratiques donneriez-vous aux étudiants et au personnel de l’université pour mieux protéger leurs informations personnelles en ligne ?

La conférence cible la communauté de recherche scientifique dans le domaine. Les conseils et bonnes pratiques, nous les délivrons dans nos enseignements portant sur la sensibilisation, sur l’hygiène numérique, sur l’identité numérique et les traces que l’on dissémine çà et là de manière consciente ou non.

En termes de conseils, on peut recommander forcément à nos personnels et étudiants de ne jamais stocker de données personnelles sur les réseaux sociaux accessibles publiquement, pour éviter, par exemple, les attaques de type phishing dans le but d'obtenir un accès frauduleux sur le système d'information de l'université. Quant au choix et à la gestion des mots de passe, il est fondamental d’utiliser un mot de passe fort pour chacun de vos comptes afin de ne jamais utiliser deux fois le même, surtout pour un accès à un réseau social.

 
En quoi l’essor de l’intelligence artificielle transforme-t-il les menaces et les stratégies de défense en cybersécurité, et comment ESORICS contribue-t-il à faire avancer la réflexion sur ces questions ?

Si l’on met de côté les scientifiques et les professionnels du domaine, les premiers à s’être saisis de l’IA – en particulier l’IA générative – ce sont les attaquants. Du plus petit au plus grand selon qu’ils veulent nuire à la réputation, faire circuler des rumeurs, être source de désinformation, abonder aux théories complotistes, extorquer des informations précieuses à marchander...

C’est pour cela que nous devons proposer des outils de vérification et les démocratiser, accompagner les citoyens à toujours mieux se servir des outils numériques, à être éclairés avant de prendre une décision. Et la conférence ESORICS aborde largement cette problématique, à travers les articles présentés lors de la conférence mais aussi à travers les workshops qui lui sont associés, dont plusieurs ciblent spécifiquement l'IA.

 
ESORICS 2025, du 22 au 26 septembre
Auditorium Marthe Condat

Consulter le programme

À lire aussi

  • Mobilité sur le campus : une approche innovante par la géosimulation et l’analyse vidéo

    A partir d’avril et jusqu’à la fin du mois juin, plusieurs points du campus universitaire de Rangueil feront l’objet d’une campagne de captations vidéo. L’objectif : comprendre et analyser comment nous nous déplaçons, selon le mode de transport utilisé (voiture, marche, vélo et trottinette). Ces mesures s’inscrivent dans un projet de recherche local, mené au sein de l’Institut de recherche en informatique de Toulouse (IRIT, CNRS/Toulouse INP/Université de Toulouse/UTC/UT2J), et financé par la région Occitanie dans le cadre du défi-clé « Mobilité intelligente et durable en Occitanie » (MIDOC).

  • Le supercalculateur Kairos est installé au mésocentre Calmip à Toulouse.

    Le nouveau supercalculateur Kairos accélère la recherche à Toulouse

    Le mésocentre CALMIP, unité d’appui et de recherche (CNRS/Toulouse INP/INSA/ISAESUPAERO/Université de Toulouse), annonce l’ouverture en production de son nouveau supercalculateur Kairos, conçu et livré par l’entreprise Bull. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Data Center Régional Occitanie (DROCC OCCALDAT), financé par le CPER 2021-2027 et porté par le CNRS.

  • WEM Cyber : Combler l'écart entre les genres et renforcer l'expertise en cybersécurité en Europe

    Dans un paysage numérique en rapide évolution, la cybersécurité est devenue une préoccupation majeure, aussi bien pour les citoyennes et citoyens que pour les organisations. En Europe, ce secteur est particulièrement inégalitaire : les femmes n’y représentent que 22 % des effectifs. L’Université de Toulouse a vu à l’issue d’une compétition très sélective le projet WEM Cyber lauréat dans le cadre du programme Horizon Europe. Projet collaboratif impliquant huit partenaires, il est à l’origine une initiative basée sur les travaux menés de longue date par Florence Sèdes, professeure au sein de l’Institut de recherche en informatique de Toulouse et lauréate en 2025 du prix « femmes cyberchercheuses » (european cyber women day). Parmi ses objectifs : renforcer l’expertise des femmes dans ce domaine et améliorer la résilience en cybersécurité de l’Europe.

Haut de page