Nos autres actus scientifiques

  • Vingt ans de presse française révèlent comment les réseaux sociaux ont transformé le journalisme

    Rachat et transformation de Twitter en X, projet de loi française pour interdire TikTok, Snapchat et Instagram aux moins de 15 ans, affaire Cambridge-Analytica… Les réseaux sociaux ponctuent régulièrement l’actualité médiatique, sociale et politique. Mais comment la presse française en parle-t-elle vraiment ? C'est la question que s'est posée une équipe de scientifiques toulousains au sein de l'Observatoire des pratiques socio-numériques (OPSN). Leur étude révèle comment les journalistes ont progressivement fait des réseaux sociaux une infrastructure de leur propre travail, non sans angles morts persistants sur leurs usages réels et leurs logiques de pouvoir.

  • Fin de vie et soins palliatifs : un projet porté par trois chercheuses toulousaines sélectionné pour intégrer un consortium national

    Fin 2025, dans le cadre de sa politique d’évolution des pratiques cliniques et thérapeutiques, la France a lancé le « Programme de recherche interdisciplinaire sur la fin de vie », piloté par l’Agence de programmes de recherche en santé de l’Inserm et la Plateforme nationale pour la recherche sur la fin de vie. Suite à une phase d’appel à candidatures, un projet commun à l’Université Toulouse Capitole (UT Capitole), l’Université de Toulouse (UT) et à l’IUCT Oncopole a été retenu pour intégrer le consortium « Anticipation et planification ». Financé jusqu’en 2029 pour une première vague reconductible, ce groupement de recherche vise à identifier les leviers et freins aux démarches d’anticipation des soins palliatifs, d’évaluer les besoins spécifiques des différentes populations de patients, et de favoriser le développement de cet accès anticipé.

  • La vie terrestre représente seulement une infime fraction des formes biologiques possibles

    Quelles formes prend le vivant sur Terre ? C’est la question que se sont posée des scientifiques toulousains de l’Université de Toulouse et du CNRS, qui explorent pour la première fois les limites morphologiques de la vie à grande échelle. Grâce à un nouveau cadre mathématique, ils démontrent que la vie tend plutôt à produire des formes peu complexes et à évoluer sur le très long terme selon une trajectoire dictée par des contraintes physiques, métaboliques et développementales. Leurs résultats, publiés dans Science Advances le 7 janvier, pourraient offrir de nouvelles perspectives pour la recherche de vie potentielle dans l’univers.

  • Une doctorante de l'université récompensée par l'Académie des sciences pour sa thèse sur les lichens

    Chaque année, l’Académie des sciences attribue de nombreux prix et médailles, couvrant l’ensemble des domaines scientifiques, aussi bien fondamentaux qu’appliqués. Camille Puginier, qui a soutenu sa thèse début 2025, a été récompensée par le prix Lecoq pour son travail effectué lors de son doctorat, portant sur les lichens. Véritable symbiose entre champignons et algues, elle revient sur son sujet de thèse ainsi que sur ce prix.

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Le pouvoir de l’intestin contre les métastases

Depuis une décennie, l'immunothérapie, qui consiste à stimuler les défenses immunitaires d'un organisme pour lutter contre un pathologie présente, a révolutionné la prise en charge des patients en oncologie. Une équipe du Centre de recherches en cancérologie de Toulouse (CRCT - CNRS/Inserm/UT3) a découvert que des lymphocytes spécifiques activés localement dans les tumeurs du colon jouent un rôle clé dans l'immunité antitumorale et ont une influence bénéfique au contrôle du développement des métastases tumorales.

Des travaux menés par Christel Devaud et Virginie Feliu, dans l’équipe « Immunité antitumorale et immunothérapie » dirigée par Maha Ayyoub et Jean-Pierre Delord, enseignants-chercheurs au CRCT (UT3/Inserm/CNRS), en collaboration avec l’IUCT-Oncopole, montrent la capacité de lymphocytes T intestinaux à migrer vers les métastases et à les contrôler. Leur étude a été publiée le 8 juin dans Science Immunology.

Les stratégies actuelles d’immunothérapie sont basées sur des anticorps monoclonaux qui lèvent les freins des lymphocytes T antitumoraux préexistants chez les patients. Malgré le caractère immunogène du cancer colorectal (CRC), les immunothérapies, éprouvées dans la majorité des essais cliniques chez les patients atteints de cancer colorectal métastatique (mCRC), s’avèrent malheureusement efficaces que pour un faible nombre de patients. Les métastases hépatiques, les plus fréquentes dans le CRC, sont particulièrement difficiles à traiter.

En utilisant un modèle original de mCRC chez la souris, consistant à implanter des tumeurs en orthotopique, c’est-à-dire dans le tissu d’origine de la tumeur, ici le côlon, et dans les sites métastatiques, Feliu et al. ont montré que les tumeurs de côlon pouvaient stimuler des lymphocytes T CD8 antitumoraux, capables spontanément de contrôler, dans une partie des souris, la croissance de la tumeur primaire mais aussi de métastases à distance, en particulier hépatiques.

Ces lymphocytes T CD8 effecteurs, jouant un rôle déterminant dans le contrôle des métastases, ont une origine intestinale, confirmée par l’expression à leur surface de l’intégrine alpha 4 beta 7, physiologiquement responsable de la localisation et de la rétention intestinale des cellules de l’immunité. Les résultats obtenus chez la souris ont été validés par une analyse des lymphocytes T CD8 alpha 4 beta 7 dans les métastases et le sang de patients souffrant de mCRC et traités par immunothérapie. La présence de ces lymphocytes était associée à une meilleure réponse à l’immunothérapie. « Nos travaux démontrent que les tumeurs coliques peuvent activer localement des lymphocytes T CD8 intestinaux qui peuvent ensuite exercer des fonctions antitumorales systémiques aboutissant au contrôle de la maladie métastatique », confie Christel Devaud.
 

« Les perspectives de ces résultats sont doubles. D’un point de vue de recherche fondamentale, ce travail démontre un rôle de l’immunité intestinale dans l’immunosurveillance systémique du cancer et ouvre la voie à l’exploration de ses mécanismes et rôles physiologiques. Des perspectives cliniques, celles-ci à plus long terme, pourraient en découler, notamment le développement de stratégies nouvelles d’immunothérapie, tels que les vaccins anticancer, pouvant contrôler la maladie métastatique dans le CRC », indique Maha Ayyoub.
 

Référence
Distant antimetastatic effect of enterotropic colon cancer–derived α4β7+CD8+ T cells
Virginie Feliu, Carlos Gomez-Roca, Marie Michelas, Noémie Thébault, François Lauzéral-Vizcaino, Anna Salvioni, Lise Scandella, Emeline Sarot, Carine Valle, Camille-Charlotte Balança, Clara-Maria Scarlata, Jean-Pierre Delord, Maha Ayyoub, Christel Devaud
Science Immunology, 2023

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