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Les forêts tropicales humides deviennent moins résistantes à la sécheresse

Les forêts tropicales humides sont importantes pour leur capacité à séquestrer le carbone et elles abritent une forte biodiversité, mais on connaît mal comment ces écosystèmes réagissent à des événements répétés de sécheresses sur plusieurs décennies. Dans une étude parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, un groupe coordonné par des chercheurs du laboratoire Évolution et Diversité Biologique (EDB – UT3/CNRS/IRD) apporte un nouvel éclairage à cette question.

La capacité des forêts tropicales humides à résister à la sécheresse reste controversée. Si la réponse de l’Amazonie à des sécheresses séculaires comme en 2005 sont maintenant bien documentées, on connaît encore mal la réponse des forêts à des événements moins intenses, régionalement localisés, ou répétés. Par ailleurs, l’effet de la sécheresse est difficile à découpler de celui de la déforestation, qui impacte également l’ensemble des forêts tropicales. Un enjeu majeur est de comprendre comment les massifs forestiers tropicaux intacts, ceux qui n’ont pas ou peu été dégradés ou convertis dans les trois dernières décennies, et ceux qui sont aussi les plus riches en biodiversité, répondent à la sécheresse. C'est à ce défi que cette nouvelle étude tente de répondre.

Les chercheurs internationaux, coordonnés par des membres du GET, ont mobilisé des données issues de plusieurs satellites d’observation de la Terre, opérationnels depuis 1992, et qui mesurent la proportion d’un signal micro-onde rétrodiffusé par la surface de la Terre, relativement au signal envoyé par l’instrument. Cette technologie s’est déjà révélée très utile en glaciologie, en océanographie, et climatologie, et elle n’est pas sensible à la couverture nuageuse. Pour la première fois, l’équipe de recherche a utilisé ces données pour détecter l'humidité du couvert forestier sur l’ensemble des quelques 3,4 millions de km2 de forêts tropicales humides encore intactes à l’échelle globale (2,4 millions de km2 dans les Amériques, 0,7 en Afrique et 0,3 en Asie), et ce sur la période 1992-2018. Pour ce faire, ils se sont appuyés sur des données issues des satellites Européens ERS et METOP.

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