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Tromperie ou collaboration : quel comportement adoptons-nous face aux systèmes de notation sur Internet ?

Animal social, l’être humain communique et influence ses congénères en laissant des traces digitales sur Internet, notamment en utilisant des systèmes de notation par étoile sur des plateformes collaboratives. De nombreux sites de commerce en ligne utilisent cette technique pour permettre aux utilisateurs de partager, entre autres, leur expérience dans un hôtel ou dans un restaurant. Mais sous quelles conditions ces traces peuvent-elles permettre à un groupe de coopérer et pouvons-nous nous fier à elles ? Afin d’analyser le comportement des humains confrontés à ce type de dispositif, une équipe de scientifiques du CNRS, de l’Université Toulouse III – Paul Sabatier et de Toulouse school of economics a développé une application web reproduisant ces mécanismes de notation et permettant leur étude dans un cadre contrôlé.

Deux conditions ont été testées pour ce jeu. La première récompensait indifféremment les participants. Ils ont alors adopté un comportement majoritairement collaboratif qui leur permettait de réussir individuellement grâce aux informations contenues dans les traces déposées par le collectif. À l’inverse, dans un environnement concurrentiel, ils ont adopté des comportements majoritairement neutres et trompeurs, en favorisant le partage d’informations peu fiables. Ces travaux publiés dans PNAS le 10 octobre mettent en évidence les conditions qui permettent aux humains de développer de l’intelligence collective.
 
  • A : Image de l'interface web utilisée par les participants au cours de l'expérience. Ceux-ci explorent une grille de cases dont les valeurs sont cachées. À chaque tour, chaque participant choisit d’ouvrir une case dont il découvre la valeur, et il la note de 0 à 5 étoiles. Les cases adoptent alors différentes tonalités de rouge dont l'intensité dépend du pourcentage d’étoiles ayant été déposées par tous les sujets.
  • B : Probabilité de trouver la meilleure case (l’analogue du « meilleur restaurant ») en fonction du tour, dans la situation non concurrentielle (bleu) et la situation concurrentielle (orange). Les symboles correspondent aux résultats expérimentaux, tandis que les lignes pleines sont les prédictions du modèle. Les lignes discontinues et pointillées noires correspondent aux probabilités attendues pour deux stratégies de visite aléatoire. Dans la situation concurrentielle l’échange d’information peu fiable, voire trompeuse, pénalise les participants.
  • C : Pourcentage des profils comportementaux adoptés par les sujets dans la situation non concurrentielle (bleu) et la situation concurrentielle (orange). Les « collaborateurs » coopèrent en laissant une trace dont l'intensité est positivement corrélée à la valeur cachée des cases, tandis que les « trompeurs » adoptent le comportement opposé. Les notations des individus « neutres » ne sont pas corrélées avec la valeur des cases.
    ©Guy Theraulaz/CRCA/CNRS
 
Référence :
Cooperation and deception through stigmergic interactions in human groups.
Thomas Bassanetti, Stéphane Cezera, Maxime Delacroix, Ramón Escobedo, Adrien Blanchet, Clément Sire, et Guy Theraulaz.
PNAS, 10 octobre 2023

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