Comment le point chaud d’Hawaii fonctionne-t-il ?

Le point chaud d’Hawaii est l'un des plus connus et des plus étudiés. Il est responsable, depuis environ 42 millions d’années, de la création de l'archipel du même nom.

Malgré le grand nombre d’études, aucune n’a encore proposé de scénario complet et cohérent permettant d’expliquer l’évolution des compositions des magmas éruptés pendant la vie d’un même volcan. Des scientifiques du laboratoire Géosciences environnement Toulouse (GET/OMP - CNRS, CNES, IRD, Université Toulouse III - Paul Sabatier), assistés de collègues de l’Université du Québec à Chicoutimi et de l’Observatoire du Piton de la Fournaise, se sont penchés sur la question. Ils ont entrepris une étude basée sur une analyse bibliographique extrêmement complète des données et résultats d'études antérieures avec une approche multi-disciplinaire. Ils ont, de plus, appliqué un modèle numérique de compaction-obstruction-circulation du manteau terrestre et des magmas formés en son sein. Publiée dans la revue Journal of Petrology, l’étude relie l’ensemble des magmas primaires à la fusion partielle entre 5 et 8 GPa de deux types de longs filaments verticaux, d’épaisseur variant de quelques km à plusieurs dizaines de km, qui remontent au sein du point chaud d’Hawaii depuis l’interface noyau-manteau jusqu’à la base de la lithosphère. Ces filaments sont constitués de manteau de type résiduel, riche en sédiments recyclés au cours de subductions, ou bien de manteau de type fertile très ancien, résultant de la différentiation initiale de la Terre. Ce modèle propose un scénario cohérent permettant de comprendre les relations entre la composition des séries magmatiques d’Hawaii et les hétérogénéités isotopiques observées, ainsi que les principales caractéristiques géophysiques de l’archipel.

Voir en ligne sur le site de l'Institut national des sciences de l'Univers du CNRS.

À lire aussi

  • Durée de la cristallisation de la croûte Archéenne fondue : le milliard !

    Le cœur de la plupart des continents est formé d’une croûte très ancienne, appelé craton, et datée de l’Archéen (entre - 3,9 et - 2,5 milliards d’années). Ces régions sont essentiellement composées de roches issues de magma et de sédiments ayant subi des transformations sous l’effet de fortes températures et/ou pressions. Leur formation est classiquement interprétée comme étant associée à la répétition de phénomènes tels que le panache mantellique (remontée de roches anormalement chaudes dans le manteau terrestre) ou la subduction (processus moteur de la tectonique des plaques). Néanmoins, ce paradigme est remis en question par des scientifiques des laboratoires Géosciences environnement Toulouse (GET-OMP – CNRS/IRD/CNES/UT3 Paul Sabatier) et GeoRessources Nancy (Université de Lorraine/CNRS/CREGU) sur la base d’un modèle thermique relativement simple. Leurs travaux sont publiés dans la revue Comptes Rendus Geoscience de l’Académie des sciences.

  • Après 70 ans de déclin, la biodiversité du fleuve Yangtsé se rétablit

    La Chine a imposé en 2021 une interdiction totale de pêche sur l’ensemble du fleuve Yangtsé, ainsi que différentes mesures visant à améliorer la qualité de l’eau et des habitats. Elles ont permis de stopper 70 ans de déclin de la biodiversité sur le plus grand fleuve d’Asie. De plus, en l’espace de trois ans, la biomasse en poissons a plus que doublé et des espèces rares, comme le marsouin aptère ou le poisson tube, commencent à se rétablir. C’est ce que démontre une étude internationale, co-signée par Sébastien Brosse, professeur à l’Université de Toulouse, parue dans Science le 12 février.

  • Pesticides et cancer : une étude révèle les mécanismes d’un risque environnemental et sanitaire

    Une nouvelle étude scientifique, publiée dans Nature Health, révèle un lien solide entre l’exposition aux pesticides agricoles présents dans l’environnement et le risque d’apparition de cancers. En combinant des données environnementales, des registres nationaux du cancer et des analyses biologiques, les chercheurs de l’IRD, de l’Institut Pasteur, de l’Université de Toulouse et de l’Instituto Nacional de Enfermedades Neoplásicas (INEN) du Pérou ont mis en lumière pour la première fois comment des expositions aux pesticides peuvent contribuer au développement de certains cancers.

Haut de page