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Des sangliers réservoir de nouvelles bactéries pathogènes

Une bactérie potentiellement mortelle pour les porcs est apparue pour la première fois chez des sangliers sauvages en France. C’est le résultat d’une étude parue le 11 janvier dans la revue Emerging Infectious Diseases, menée par des chercheurs de l’Institut de recherche en santé digestive (IRSD), sous la tutelle d’INRAE, l’ENVT, l’Inserm et l’université Toulouse III – Paul Sabatier. La découverte de cette bactérie, qui n’est normalement pas pathogène pour l’Homme, illustre l’importance du pacte biosécurité-bien-être animal1, et met en lumière la nécessité de développer des programmes de surveillance de la faune sauvage.

Suivre la santé des sangliers sauvages pour protéger nos porcs d’élevage, c’est une des stratégies pour prévenir d’éventuelles épidémies porcines. C’est ce qu’appuient les résultats d’une étude pilotée par des scientifiques d’INRAE, de l’ENVT et de l’université Toulouse III - Paul Sabatier, parus le 11 janvier 2022 dans la revue Emerging Infectious Diseases.
 
Ces scientifiques sont partis d’une observation : une surmortalité de sangliers sauvages dans plusieurs départements métropolitains. Des travaux préliminaires montrent que ces sangliers ont succombé à une infection bactérienne due à une souche de Escherichia coli (E. coli) particulière. Celle-ci provoque des œdèmes, mortels chez l’animal, par le biais d’une shigatoxine, Stx2e. Il s’agit d’une bactérie commune en élevage porcin, mais qui n’avait encore jamais été retrouvée chez son proche cousin, le sanglier sauvage.
 
Une équipe impliquant plusieurs organismes de recherche2 a alors amorcé un travail pour étudier précisément cette souche de bactérie. Des échantillons ont été collectés sur différents sites, et le génome des bactéries a été séquencé de manière très fine par les scientifiques de l’étude. Verdict : la souche responsable, bien que proche de celle retrouvée en élevage, est nouvelle. Il s’agit d’un hybride entre deux souches de E. coli. Elle ne circulerait pour l’instant que chez des animaux de la faune sauvage, car elle ne présente aucun gène de résistance aux antibiotiques, signature fréquente de bactéries provenant d’élevages. C’est la première fois qu’une souche hyper virulente de E. coli de ce type apparaît dans le réservoir sauvage. Mais les scientifiques se montrent toutefois rassurants, cette bactérie n’est normalement pas pathogène chez l’Homme. Mais elle est en revanche transmissible aux élevages de porcs domestiques.
 
Ces travaux apportent un éclairage sur la plasticité des génomes bactériens, et sur le rôle de la faune sauvage comme réservoir de nouveaux pathogènes. Des travaux qui confortent le soutien apporté à l’élevage, sous la forme du pacte de biosécurité-bien-être animal, et mettent en lumière la nécessité de développer des programmes de surveillance de la faune sauvage.
 
1 https://agriculture.gouv.fr/pacte-bio-securite-bien-etre-animal-en-elevage
2 Institut de recherche en santé digestive (IRSD – Inserm/INRAE/ENVT/UT3 Paul Sabatier)

Référence :
Perrat A, Branchu P, Decors A, Turci S, Bayon-Auboyer M-H, Petit G, et al. Wild boars as reservoir of highly virulent clone of hybrid Shiga toxigenic and enterotoxigenic Escherichia coli responsible for edema disease, France. Emerg Infect Dis. 2022 Dec.
https://doi.org/10.3201/eid2802.211491

Voir en ligne sur le site d'INRAE.

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