La toute première croûte terrestre ne ressemblait pas aux continents modernes
Le développement d’une croûte primitive riche en silice a permis l’avènement de conditions favorables à l’apparition de la vie sur Terre, mais son origine est débattue car elle a été en grande partie détruite par les processus géologiques ultérieurs. Les seules reliques de cette croûte primitive sont ainsi des zircons détritiques d’âge Hadéen (de 4.4 à 4.0 milliards d’années) retrouvés dans des sédiments plus récents à Jack Hills, en Australie. La composition chimique de ces zircons indique qu’ils ont cristallisé dans un liquide magmatique de composition granitique. Les granites étant les roches les plus typiques de la croûte continentale récente, ceci était jusqu’à présent considéré comme indiquant l’existence de processus comparables à la tectonique des plaques actuelle.
Une étude menée par des scientifiques des laboratoires Géosciences environnement Toulouse (GET/OMP - CNRS, CNES, IRD, Université Toulouse III - Paul Sabatier) et Magmas et Volcans (LMV - CNRS, IRD, Université Clermont Auvergne) a remis en question cette conclusion. Les zircons provenant de roches magmatiques les plus communes de l’éon Archéen (âgées de 4.0 à 2.5 milliards d’années), qui ne sont pas des granites et appartiennent à la suite dite TTG (Tonalite-Trondhjémite-Granodiorite), présentent des compositions chimiques homogènes à l’échelle globale et surtout identiques à celles des zircons Hadéens de Jack Hills. Un modèle thermodynamique a permis d’expliquer cette observation, démontrant que le processus de cristallisation des TTG aboutissait à un liquide résiduel de composition granitique dans lequel ces zircons se forment. Même si les zircons Hadéens ont bien cristallisé à partir d’un liquide granitique, il s’avère donc que cette composition n’était pas forcément représentative de la croûte primitive dans son ensemble. Celle-ci a pu au contraire ressembler aux TTG archéennes, dont l’origine n’implique pas nécessairement la tectonique des plaques telle qu’on la connaît aujourd’hui.
Voir en ligne sur le site de l'Institut national des sciences de l'Univers du CNRS.

