Le protoxyde d’azote troposphérique observé depuis l’espace

Le protoxyde d’azote (N2O) est le troisième gaz à effet de serre (GES) après le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4) en terme de capacité de réchauffement. Les observations des concentrations de N2O en surface montrent une augmentation presque constante depuis la fin des années 1970. Celle-ci serait causée principalement par l’augmentation de la fertilisation azotée en agriculture. Mais le N2O est aussi produit pour environ 2/3 par les écosystèmes océaniques et terrestres et la répartition de ses sources demeure incertaine. En effet, le N2O a une durée de vie atmosphérique de plus de 100 ans et donc une variabilité spatio-temporelle très réduite. En outre, les sondeurs dans le domaine de l’infrarouge thermique, seuls capables de détecter le N2O, sont moins sensibles aux sources proches de la surface que les sondeurs dans le domaine UV-visible-proche infrarouge utilisés pour le CO2 et le CH4. Caractériser les sources d’émission du N2O depuis l’espace est donc un véritable défi.

La chaîne de traitement SOFRID, développée au Laboratoire d’aérologie (Laero/OMP - CNRS, Université Toulouse III - Paul Sabatier), a été mise en œuvre pour déterminer les concentrations troposphériques de N2O à partir des données du sondeur spatial infrarouge IASI. Pour la première fois, les données de ce sondeur hyperspectral ont documenté les dynamiques spatiales et saisonnières, ainsi que les tendances d’accumulation de ce GES à l'échelle planétaire sur plus d'une décennie. Ces nouvelles données SOFRID-N2O ont été validées par les observations des spectromètres infrarouges FTIR de 12 stations du réseau de détection du changement de la composition atmosphérique (NDACC), dont la composante européenne fait partie de l’infrastructure ACTRIS. En particulier, le sondeur IASI et les spectromètres FTIR produisent des tendances comparables dans la moyenne troposphère (~ 1.05 ppbv/an).  Ce travail préliminaire ouvre donc des perspectives pour améliorer la cartographie des sources de ce GES.

Voir en ligne sur le site de l'Institut national des sciences de l'Univers du CNRS.

À lire aussi

  • Lauriers

    L’université progresse dans le classement de Shanghai 2022

    Dévoilé ce 15 août, le classement de Shanghai place notre université 201-300 des universités mondiales et dans le top 10 des universités françaises. Ce résultat, salué par la Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, est en progression puisqu'il fait passer l'université dans la tranche supérieure du classement. Scruté chaque année avec attention, ce classement international est l’un des plus consultés au monde. À travers ces résultats, UT3 confirme sa capacité à rayonner dans le monde et à répondre aux exigences internationales, en matière d’excellence, en recherche et formation.

  • Spatial

    Orientation : stop aux idées reçues ! Découvrez les nombreux métiers du spatial !

    Alors que la plateforme en ligne Parcoursup ouvre ce 18 janvier pour la saisie des vœux, l’université Toulouse III – Paul Sabatier, l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP - CNRS / CNES / UT3) et l’Observatoire-Midi Pyrénées (OMP - CNRS / CNES / IRD / Météo France / UT3) s’associent pour accompagner les lycéens et étudiants dans leur orientation. Dans ce cadre, trois vidéos autour des métiers du spatial ont été réalisées par l'agence de production audiovisuelle SapienSapiens. L’objectif ? Déconstruire les idées reçues qui accompagnent le secteur du spatial et montrer que de nombreuses voies sont possibles pour faire carrière dans ce domaine.

  • La découverte d’un corps de Néandertalien d’une nouvelle lignée éclaire les origines de l’extinction de son espèce

    L’analyse des vestiges d’un Néandertalien dans la Grotte Mandrin, dans la vallée du Rhône, donne à réécrire toute l’histoire de cette espèce du genre Homo. Longtemps considérées comme homogènes sur le plan génétique à travers toute l’Europe occidentale, les dernières populations néandertaliennes n’étaient finalement pas seules : il y a eu, au moins, deux lignées distinctes. L’étude, co-dirigée par Andaine Seguin-Orlando, enseignante-chercheuse en paléogénomique à l’université Toulouse III – Paul Sabatier et au Centre d’anthropobiologie et de génomique de Toulouse (CAGT, CNRS/UT3), a été publiée le 11 septembre dans Cell Genomics.

Haut de page