Nouvelles avancées dans la modélisation numérique en calcul intensif des transferts d’eau dans les sols

RichardsFoam3 est une nouvelle version du simulateur d’écoulements souterrains RichardsFoam publié originellement en 2014 et développé dans le cadre d’OpenFOAM, logiciel libre de simulation multi-physiques principalement axé sur la résolution des équations de la mécanique des fluides. Développée par Laurent Orgogozo, enseignant-chercheur à l’université Toulouse III – Paul Sabatier affilié au laboratoire Géosciences environnement Toulouse (GET/OMP) cette version dispose de nouvelles fonctionnalités adaptées à la modélisation des surfaces continentales et est optimisée pour l’usage sur les supercalculateurs d’aujourd’hui.

Les évolutions des ressources en eau associés aux changements climatiques peuvent être de première importance sur les plans environnementaux, sociétaux et industriels, il est donc primordial de pouvoir les anticiper. Dans le cadre du projet ANR HiPerBorea, trois laboratoires toulousains, le laboratoire Géosciences environnement Toulouse (GET/OMP), l’Institut de mécanique des fluides de Toulouse (IMFT) et le Centre d’études spatiales de la biosphère (CESBIO/OMP), ainsi que le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement de Gif sur Yvette (LSCE) collaborent pour mettre en place et appliquer des outils de modélisation numériques hautes performances pour étudier, caractériser et simuler les flux d’eau et d’énergie sur les surfaces continentales. Il s’agit notamment de quantifier les impacts potentiels du réchauffement sur les masses d’eaux continentales, et en particuliers sur les eaux des sols et les nappes d’eau souterraines.

Laurent Orgogozo et ses collaborateurs ont ainsi développé l’outil informatique RichardsFoam3, résolvant numériquement l’équation de Richards, qui gouverne les transferts d’eau dans les sols et permettent ainsi de simuler les changements de régimes hydrologiques induits par des modifications de conditions environnementales (changements climatiques, changement d’occupation des sols, etc.). Pour résoudre cette équation fortement non-linéaire dans des milieux hétérogènes et à relativement grande échelle de temps et d’espaces, l’équipe scientifique d’HiPerBorea s’appuie sur la structure de mécanique des fluides numériques libre de droit OpenFOAM.

RichardsFoam3 est une version améliorée de RichardsFoam développée avec le support technique d’ESI-Group/OpenCFD, le mainteneur industriel d’OpenFOAM. Cette mise à jour inclut de nouvelles fonctionnalités adaptées à la modélisation des surfaces continentales et est optimisée pour l’usage sur les supercalculateurs d’aujourd’hui. Car pour modéliser ces processus complexes aux échelles d’intérêt (bassin versant, sites industriels, etc.) de manière mécaniste, et donc avec une certaine crédibilité prédictive, le recours efficace au calcul à hautes performances est un pré-requis. Le simulateur RichardsFoam3 a notamment été testé avec succès au centre de calcul régional CALMIP et dans les centres nationaux comme le Centre informatique national de l'enseignement supérieur (CINES) et le Très grand centre de calcul du CEA (TGCC).

RichardsFoam3 fait partie des outils numériques qui seront mis en œuvre dans le projet ANR HiPerBorea.
 

Maillage d'une représentation simplifiée de bassin versant

Bibliographie
Orgogozo L. "RichardsFoam3 : a new version of RichardsFoam for continental surfaces hydrogeology modeling" Computer Physics Communications
https://doi.org/10.1016/j.cpc.2021.108182 

À lire aussi

  • Durée de la cristallisation de la croûte Archéenne fondue : le milliard !

    Le cœur de la plupart des continents est formé d’une croûte très ancienne, appelé craton, et datée de l’Archéen (entre - 3,9 et - 2,5 milliards d’années). Ces régions sont essentiellement composées de roches issues de magma et de sédiments ayant subi des transformations sous l’effet de fortes températures et/ou pressions. Leur formation est classiquement interprétée comme étant associée à la répétition de phénomènes tels que le panache mantellique (remontée de roches anormalement chaudes dans le manteau terrestre) ou la subduction (processus moteur de la tectonique des plaques). Néanmoins, ce paradigme est remis en question par des scientifiques des laboratoires Géosciences environnement Toulouse (GET-OMP – CNRS/IRD/CNES/UT3 Paul Sabatier) et GeoRessources Nancy (Université de Lorraine/CNRS/CREGU) sur la base d’un modèle thermique relativement simple. Leurs travaux sont publiés dans la revue Comptes Rendus Geoscience de l’Académie des sciences.

  • Après 70 ans de déclin, la biodiversité du fleuve Yangtsé se rétablit

    La Chine a imposé en 2021 une interdiction totale de pêche sur l’ensemble du fleuve Yangtsé, ainsi que différentes mesures visant à améliorer la qualité de l’eau et des habitats. Elles ont permis de stopper 70 ans de déclin de la biodiversité sur le plus grand fleuve d’Asie. De plus, en l’espace de trois ans, la biomasse en poissons a plus que doublé et des espèces rares, comme le marsouin aptère ou le poisson tube, commencent à se rétablir. C’est ce que démontre une étude internationale, co-signée par Sébastien Brosse, professeur à l’Université de Toulouse, parue dans Science le 12 février.

  • Pesticides et cancer : une étude révèle les mécanismes d’un risque environnemental et sanitaire

    Une nouvelle étude scientifique, publiée dans Nature Health, révèle un lien solide entre l’exposition aux pesticides agricoles présents dans l’environnement et le risque d’apparition de cancers. En combinant des données environnementales, des registres nationaux du cancer et des analyses biologiques, les chercheurs de l’IRD, de l’Institut Pasteur, de l’Université de Toulouse et de l’Instituto Nacional de Enfermedades Neoplásicas (INEN) du Pérou ont mis en lumière pour la première fois comment des expositions aux pesticides peuvent contribuer au développement de certains cancers.

Haut de page