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Une nouvelle piste pour contrer les mécanismes de résistance aux traitements des tumeurs cérébrales

Malgré des efforts de recherche considérables, les cancers restent la deuxième cause de mortalité dans les pays développés. Pourquoi encore tant d'échecs thérapeutiques ? Les raisons sont multiples, les tumeurs ne sont pas toujours accessibles à la chirurgie, la chimiothérapie actuelle reste très toxique, et surtout les tumeurs sont capables de s'adapter et de résister aux traitements conventionnels. Dans une étude parue récemment dans la revue Nature Communications, l'équipe dirigée par Stefania Millevoi, chercheuse Inserm au Centre de recherches en cancérologie de Toulouse (CRCT - Inserm/CNRS/UT3 Paul Sabatier) a mis en évidence le rôle majeur d'une interaction protéine - ARN comme point de départ induisant des mécanismes de résistance aux traitements des tumeurs cérébrales.  

Un organisme est continuellement soumis à des stress par des agents intrinsèques ou environnementaux. Lorsque ces stress provoquent des lésions de l'ADN, ils peuvent être à l'origine de mutations conduisant au développement d'une tumeur. Heureusement, les cellules sont dotées de mécanismes de réparation de l'ADN leur permettant de survivre à ces altérations. Mais dans le cas de traitements anti-cancéreux (chimiothérapie, radiothérapie), dont le but est d'endommager l'ADN pour induire la mort des cellules tumorales, des mécanismes de réparation altérés peuvent compromettre leur efficacité.
 
Dans cette étude, l'équipe de recherche dirigée par Stefania Millevoi, en collaboration avec l'équipe d'Erik Dassi (CIBIO, Trente, Italie), a mis en évidence le rôle important des structures d'ARN non-usuelles, appelées G-quadruplexes, dans la régulation de l'expression des protéines de la réparation de l'ADN. Cette étude suggère que l'altération de l'interaction entre les G-quadruplexes et leurs partenaires protéiques conduirait aux mécanismes de résistance aux traitements traditionnels du glioblastome, une tumeur cérébrale très agressive.
 
Ainsi, ces structures d'ARN et les facteurs les régulant, pourraient être des cibles prometteuses dans le traitement de ce cancer, et augmenter les chances de survie. Cette étude ouvre donc de nouvelles perspectives thérapeutiques qui seront sans nul doute exploitées par la recherche future.
 
Ce travail a notamment bénéficié du soutien financier du Labex Toucan et d'une bourse Région Occitanie / Inserm.
 

La structuration des G-quadruplex d'ARN, régulée par les protéines hnRNP H/F ou par de petites molécules, module la synthèse protéique de facteurs clés de la réponse aux dommages de l'ADN, ce qui a un impact sur la réponse aux traitements des gliobastomes.    
 
Référence :
Pauline Herviou, Morgane Le Bras, Leïla Dumas, Corinne Hieblot, Julia Gilhodes,Gianluca Cioci, Jean-Philippe Hugnot, Alfred Ameadan, François Guillonneau, Erik Dassi, Anne Cammas & Stefania Millevoi. hnRNP H/F drive RNA G-quadruplex-mediated translation linked to genomic instability andtherapy resistance in glioblastoma. Nat Commun 11, 2661 (2020).
https://doi.org/10.1038/s41467-020-16168-x

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