Nos autres actus scientifiques

  • Les forêts tropicales humides deviennent moins résistantes à la sécheresse

    Les forêts tropicales humides sont importantes pour leur capacité à séquestrer le carbone et elles abritent une forte biodiversité, mais on connaît mal comment ces écosystèmes réagissent à des événements répétés de sécheresses sur plusieurs décennies. Dans une étude parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, un groupe coordonné par des chercheurs du laboratoire Évolution et Diversité Biologique (EDB – UT3/CNRS/IRD) apporte un nouvel éclairage à cette question.

  • Nouveau regard sur la domestication de la poule : une histoire de riz et d’oiseau exotique

    La domestication de la poule a longtemps été sujet de débats, mais de nouvelles recherches publiées dans les revues PNAS et Antiquity transforment notre compréhension de son origine. Une équipe de recherche internationale, dont faisait partie le Centre d'anthropobiologie et de génomique de Toulouse (CAGT, UT3/CNRS) a découvert qu’une association avec la culture du riz en Asie du Sud-Est aurait déclenché un processus conduisant à la domestication de la poule il y a seulement 3 500 ans. Qui plus est, suivant sa dispersion à travers le monde, elle aurait été initialement considérée comme animal ‘exotique’ avant de devenir ‘source de nourriture’…

Dans cette page

Des champs magnétiques intenses détectés pour la première fois au coeur d’étoiles géantes rouges

Le champ magnétique joue un rôle central dans la vie d’une étoile. Il affecte son évolution par les effets qu’il exerce sur le mélange interne des éléments chimiques. Toutefois, comme la matière stellaire est opaque, ce champ n’avait jusqu’alors jamais été détecté à l’intérieur des étoiles. Pour la toute première fois, une mesure du champ magnétique a été obtenue dans le coeur de plusieurs étoiles géantes rouges par une équipe de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP/OMP – CNES/CNRS/UT3). Ces résultats ont été publiés dans la revue Nature.

Les géantes rouges sont des étoiles qui ont épuisé leurs réserves en hydrogène au coeur et se rapprochent de leur fin de cycle de vie, une étape que connaîtra le Soleil dans quelques milliards d’années. Les mouvements turbulents à leur surface, provoqués par la convection, excitent des ondes sismiques, qui se propagent à l’intérieur de ces étoiles. Ce type d’astres représente un intérêt majeur : leurs oscillations sondent aussi bien l’enveloppe, où elles se comportent comme des ondes acoustiques, que le coeur profond de l’étoile, où elles se comportent comme des ondes de gravité. Ainsi, l’observation de variations périodiques de la luminosité de surface des étoiles géantes rouges permet de détecter ces oscillations et de sonder leur structure interne jusqu’au coeur.

La détection de la signature du champ magnétique dans les oscillations de trois étoiles géantes rouges a été possible grâce aux données du satellite Kepler. Des intensités de champ magnétique au coeur de ces objets célestes ont été mesurées, allant de 10 à 130 kilogauss, soit environ 100 000 fois plus que le champ magnétique moyen à la surface du Soleil. Ces premières mesures étaient aussi espérées qu’inattendues. « On savait qu’un champ magnétique devait modifier légèrement la fréquence des oscillations », indique Sébastien Deheuvels, maître de conférences à l’Université Toulouse III – Paul Sabatier et coauteur de la publication, « mais comme cette variation dépend de l’intensité du champ et qu’on n’avait aucune idée de ses propriétés au coeur des étoiles, on ne pouvait pas savoir si cette détection aurait lieu un jour ».
 
Vue d’artiste d’une étoile géante rouge possédant un fort champ magnétique au coeur (l’illustration n’est pas à l’échelle). Les ondes sismiques se propageant dans l’étoile ont permis de détecter le champ et de mesurer son intensité. Crédit : Ballot, Jouve, AIA/SDO.

Pour parvenir à ces résultats, les astrophysiciens ont identifié trois étoiles géantes rouges dont les modes d’oscillation présentent des anomalies. Dans le cas général, la rotation de l’astre sépare chaque mode d’oscillation en plusieurs composantes qui sont régulièrement espacées en fréquence. Pour les trois étoiles géantes rouges en question, ces espacements en fréquence sont irréguliers : ils présentent de fortes asymétries. Par une analyse théorique, les auteurs de l’étude ont montré que celles-ci correspondent en tous points à celles attendues en présence d’un fort champ magnétique qui perturbe les ondes de gravité au coeur de l’étoile. Il a ainsi été possible de mesurer l’intensité du champ magnétique et d’obtenir des informations sur sa géométrie.

Ces résultats ouvrent la voie à la caractérisation des champs magnétiques internes aux étoiles et à leur prise en compte dans les modèles d’évolution stellaire. Comme l’indique Sébastien Deheuvels, « sans contrainte observationnelle sur l'intensité et la topologie du champ magnétique interne des étoiles, la modélisation des effets du champ magnétique serait restée très hypothétique. Les mesures sismiques du champ seront donc essentielles pour progresser dans notre compréhension de l’évolution des étoiles ». Avec, à terme, l’opportunité de construire des modèles d’étoiles prédisant avec une plus grande fiabilité les âges stellaires, ce qui est une nécessité pour comprendre la formation des systèmes planétaires et l’évolution de notre galaxie.

Consulter l'article
 
Référence :
Magnetic fields of 30 to 100 kG in the cores of red giant stars,
Gang Li, Sébastien Deheuvels, Jérôme Ballot, and François Lignières
Nature (2022) - DOI : doi.org/10.1038/s41586-022-05176-0
Les objectifs scientifiques de l’IRAP concernent l’étude et la compréhension de l’Univers et de son contenu : la Terre en tant que planète, son environnement spatial ionisé, le soleil et ses planètes, les étoiles et leurs systèmes planétaires, le milieu interstellaire, les galaxies, les tous premiers astres et le Big Bang primordial. Avec des activités de conception, construction, intégration et exploitation d’instruments au sol et dans l’espace ainsi que des expériences de laboratoire permettant de caractériser les processus physiques, l’IRAP est un des pôles majeur de l’astrophysique sol-espace en France.

À lire aussi

  • Lauriers

    L’université progresse dans le classement de Shanghai 2022

    Dévoilé ce 15 août, le classement de Shanghai place notre université 201-300 des universités mondiales et dans le top 10 des universités françaises. Ce résultat, salué par la Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, est en progression puisqu'il fait passer l'université dans la tranche supérieure du classement. Scruté chaque année avec attention, ce classement international est l’un des plus consultés au monde. À travers ces résultats, UT3 confirme sa capacité à rayonner dans le monde et à répondre aux exigences internationales, en matière d’excellence, en recherche et formation.

  • Spatial

    Orientation : stop aux idées reçues ! Découvrez les nombreux métiers du spatial !

    Alors que la plateforme en ligne Parcoursup ouvre ce 18 janvier pour la saisie des vœux, l’université Toulouse III – Paul Sabatier, l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP - CNRS / CNES / UT3) et l’Observatoire-Midi Pyrénées (OMP - CNRS / CNES / IRD / Météo France / UT3) s’associent pour accompagner les lycéens et étudiants dans leur orientation. Dans ce cadre, trois vidéos autour des métiers du spatial ont été réalisées par l'agence de production audiovisuelle SapienSapiens. L’objectif ? Déconstruire les idées reçues qui accompagnent le secteur du spatial et montrer que de nombreuses voies sont possibles pour faire carrière dans ce domaine.

  • La découverte d’un corps de Néandertalien d’une nouvelle lignée éclaire les origines de l’extinction de son espèce

    L’analyse des vestiges d’un Néandertalien dans la Grotte Mandrin, dans la vallée du Rhône, donne à réécrire toute l’histoire de cette espèce du genre Homo. Longtemps considérées comme homogènes sur le plan génétique à travers toute l’Europe occidentale, les dernières populations néandertaliennes n’étaient finalement pas seules : il y a eu, au moins, deux lignées distinctes. L’étude, co-dirigée par Andaine Seguin-Orlando, enseignante-chercheuse en paléogénomique à l’université Toulouse III – Paul Sabatier et au Centre d’anthropobiologie et de génomique de Toulouse (CAGT, CNRS/UT3), a été publiée le 11 septembre dans Cell Genomics.

Haut de page