Le paléoenvironnement, les conditions environnementales mais aussi les activités humaines structurent la biodiversité des poissons d’eau douce de Guyane
Une des grandes questions de l’écologie est de comprendre comment est distribuée la biodiversité sur un territoire et quels sont les facteurs responsables de cette distribution spatiale. De plus, la biodiversité peut être appréhendée sous un angle taxonomique (nombre et identité des espèces) ou sous un angle fonctionnel (diversité et nature des fonctions qu’exercent les espèces). Ainsi les facettes taxonomique et fonctionnelle de la biodiversité sont complémentaires et peuvent être structurées différemment.
Des scientifiques du laboratoire toulousain EDB, accompagnés d'équipes internationales, ont étudié la structuration spatiale des poissons d’eau douce à l’échelle du territoire guyanais et l’importance de différents processus influençant cette structuration. Pour cela, la faune piscicole de 85 sites a été inventoriée le long du Maroni, de l’Oyapock et du Sinnamary. Grâce à ces inventaires, les chercheurs ont démontré que la diversité taxonomique des poissons de Guyane était structurée par l’histoire géographique de ces trois bassins versants. Plus particulièrement, la différence de faune piscicole entre ces fleuves est liée à un isolement ancien des bassins versants, antérieure au dernier maximum glaciaire (-20 000 ans). En revanche, l’isolement de ces bassins ne structure que faiblement la diversité fonctionnelle, car la faune piscicole des trois fleuves présente des fonctions similaires.
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